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L’Asie en albums pour enfants

Mon goût du voyage et de la découverte des ailleurs et des autres a peut-être commencé enfant dans l’univers fascinant des livres… Maintenant adulte, j’apprécie toujours la lecture de romans mais également la lecture d’œuvres de littérature de jeunesse : voici donc trois albums pour enfants sur le thème de l’Asie. Je ne prétends pas proposer un panel varié et pointu de ce que peut proposer la littérature de jeunesse sur ce thème (surtout quand on se fournit dans de grands librairies généralistes…), mais simplement trois histoires qui me touchent et que j’ai beaucoup de plaisir à partager avec des enfants.

Le grand courage de petit Babaji

Le grand courage de petit Babaji

Le grand courage de petit Babaji d’Helen Bannerman et illustré par Fred Marcellino

Ce premier album a une histoire controversée : au départ il s’intitulait The little black Sambo, mais du fait de la connotation péjorative du terme Sambo, il a été ensuite renommé. Son auteur est anglo-saxonne mais a vécu en Inde durant une trentaine d’années : il s’agit donc d’une histoire écrite par une européenne pour des enfants européens mais qui prend cadre quelque part en Inde, non loin d’une jungle peuplée de tigres.

Petit Babaji part se promener dans la jungle, seul (c’est encore tellement plus impressionnant que dans une forêt vosgienne ou une lande anglaise),  paré de ses plus beaux atours (dont un parapluie vert : dans tout bon guide du routard on vous rappellera toujours de ne pas l’oublier avant une sortie en jungle !). Et voilà que malheureusement il rencontre de méchants tigres (tiens tiens, il ne faut pas se méfier uniquement du loup et du renard, attention aux tigres également !). « Petit Babaji, je vais te manger! » rugissent les tigres. Heureusement notre petit héros qui tient plus à sa peau qu’à ses vêtements propose un échange à ses agresseurs. Ceux-ci, qui n’étaient pas si affamés que ça, mais qui semblaient plutôt s’ennuyer et qui voulaient tester leur pouvoir et leur autorité, acceptent l’échange sans sourcilier : ainsi ils seront en plus des plus forts, les plus beaux ! Notre pauvre petit Babaji se fait alors déposséder de tous ses biens les uns après les autres… mais c’est sans compter le fait que lorsqu’on est un tigre féroce, on ne peut pas être très malin en même temps… Sans dévoiler la fin palpitante de cette histoire je peux vous rassurer en vous affirmant que tout fini pour le mieux pour notre petit héros.

Malgré la simplicité apparente de cette histoire et le fait qu’elle aurait pu se dérouler dans une belle forêt avec un petit garçon pas plus grand qu’un pouce mais drôlement malin, cet album reste pour moi un bel ouvrage. Le récit est certes simple, mais captivant et bien écrit : il y a une structure répétitive qui plaît en général aux enfants (quel plaisir de rugir « Petit Babaji, je vais te manger ! »). Son format carré est adapté à des petites mains. Et surtout, la qualité des ses illustrations le sort du lot.

Cet album est donc très indirectement lié à l’Asie et pourtant quel plaisir de se promener sous un parapluie vert dans une jungle couleur émeraude et d’y rencontrer les tigres les plus coquets du monde !

Momoko

Momoko

Momoko de Coby Hol

Voici un autre ouvrage dont l’auteur n’est pas native du pays évoqué, le Japon. Si google a à peu près bien traduit le néerlandais, j’ai cru comprendre que nombre de ses albums étaient réalisés en papiers découpés : beaucoup viennent du Japon.

Il n’empêche que même si Coby Hol n’est pas japonaise elle nous offre avec Momoko une magnifique histoire.

Momoko vit au Japon avec sa grand mère et toutes deux mènent une vie simple et travailleuse. Un de leurs grands plaisirs est de cuisiner de délicieux gâteaux, dont les beignets de feuille d’érable qui un jour les mettront à l’abri du besoin le temps d’un hiver.

Le texte est très simple, très épuré mais c’est ce qui pour moi fait sa force. Je le trouve très poétique : il m’évoque parfois des haïkus (mais bon, comme aurait dit ma prof de français d’IUFM, je ne vois pas où tu vois de la poésie là-dedans… Tout est une question de sensibilité !). Les illustrations en papier découpé sont elles aussi très simples : de la même façon je les trouve pourtant très évocatrices.

Lorsque je lis cette histoire à des enfants, j’ai toujours le sentiment qu’une atmosphère très calme et très sereine nous entoure. Je pense alors à ce Japon là, plutôt qu’à celui-là.

Il serait intéressant d’avoir le point de vue de japonais sur cet ouvrage : est-ce que cette histoire pourrait être dans la bibliothèque d’une classe japonaise, ou ferait-elle clichée comme la photo d’un français en béret avec une baguette sous le bras en train de peindre à Montmartre ? Ce qui est certain, c’est que les beignets de feuille d’érable existent et que ça donne plutôt envie d’y goûter !

Quatre points et demi

Quatre points et demi

Quatre points et demi – poème de Yun Seok-jung et illustrations de Lee Young-kyung

Voilà enfin un ouvrage élaboré par des asiatiques (coréen) ! Des trois histoires présentées c’est la plus intemporelle et la plus universelle. Pour cet album, aucun doute, il s’agit bien de poésie ! De plus, le texte est mis en lumière par de magnifiques illustrations. En un mot pour moi cet album est une « pépite » !

J’apprécie tellement cet ouvrage qu’il en devient difficile de l’expliquer. Il est d’ailleurs impossible de résumer un poème mais pour le présenter j’aime autant citer le texte de la quatrième de couverture :

Dans les campagnes coréennes, autrefois, on disait « points » au lieu de « heures ». Sur cette ancienne expression , voici un poème en images où le temps est à la mesure du regard enchanté d’une petite fille sur le monde.

Quel dommage de ne pas être capable de lire le texte en version originale… Heureusement tout le monde peut se perdre dans le détail des illustrations et comme la petite héroïne, perdre la notion du temps en s’émerveillant du monde et des choses simples qui l’entourent. C’est d’ailleurs avec un tel regard et un tel émerveillement que j’espère vivre ces six mois en Asie…

Vous l’aurez compris, voici un vrai coup de cœur ! On le trouve au rayon jeunesse (courez vite en achetez un!) et la preuve est faite qu’il peut tout à fait plaire à des adultes !

N’hésitez pas à me donner les titres de vos pépites, j’irai avec plaisir les admirer !

5 réponses à “L’Asie en albums pour enfants”

  1. tifleur dit :

    Et bien, pour moi, le livre qui m’a donné envoe de voyage toute petiote c’est « au bord du yang tse kiang. Je ne sais pas si c’est pour les jolis dessins, l’histoire ou tout simplement parce que c’était l’un des seuls livres qui parlait d’enfants étrangers que j’avais à l’époque, mais je l’ai encore!
    http://www.amazon.fr/bord-yang-tse-kiang-selection-castor/dp/B003UAKA48

  2. tifleur dit :

    Je viens de découvrir ce site, très interessant :
    http://www.chinedesenfants.org/

  3. Bicou dit :

    Merci pour ton livre (quand est-ce que tu me le prêtes ?) et pour le site où je vais sûrement m’y perdre quelques heures.

  4. rachelle dit :

    ca m’a donnée envie de lire tout ca !!

  5. Bicou dit :

    Objectif atteint 😉 Bonnes lectures !

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