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Cordillère : en long, en large et en travers – partie 1

Après plus de deux semaines à parcourir le nord de l’île de Luzon, nous pénétrons enfin dans la cordillère, région qui abrite des rizières en terrasses réputées pour leur beauté et leur grand âge (plus de 2000 ans pour certaines qui sont inscrites au patrimoine de l’humanité de l’Unesco)


Baguio : porte d’entrée de la cordillère

Parc de baguio

Parc de Baguio

Beaucoup de voyageurs quittent Manille pour Baguio : c’est la capitale d’été des Philippins, il y fait frais, ce n’est qu’à sept heures (oui, oui, seulement 😉 ) au nord de Manille (et il y a de nombreux bus par jour) et c’est surtout la ville qui permet par la suite d’entrer facilement dans la Cordillère. Facile ? Pas pour nous alors ! Nous sommes bien passés à Baguio (et avons visité des mines d’or) mais en sommes repartis rapidement pour la côte ouest : de ce fait nous avons fait notre entrée dans la cordillère par le nord depuis Tueguegarao, nettement plus long, mais bien évidemment bien plus savoureux !

La cordillère se mérite !

Nico fait du stop sur la "highway"

Nico fait du stop sur la « highway »

Nous vous avions laissés à Tuguegarao, où nous avons passé un excellent weekend de Pâques. Une fois les festivités terminées, il était temps de reprendre la route direction la cordillère et ses rizières en terrasses. Depuis Tueguegarao, nous sommes allés à Tabuk en minivan (capacité officielle 12 passagers, réelle 16, sans compter enfants et bébés) dont le terminus se trouve juste à côté du centre commercial, situé au nord de la ville. En à peine deux heures, nous voilà arrivés à Tabuk d’où nous pensions reprendre un jeepney pour Tinglayan. C’était malheureusement sans savoir qu’à partir d’ici, les transports se font plus rares et matinaux : pas de départ pour Tinglayan après 11h30. Nous voilà donc bien embêtés d’avoir parcouru si peu de kilomètres durant cette journée et d’échouer dans cette ville au charme incertain… Nous décidons donc de tenter notre chance au stop direction Tinglayan, voire Bontoc. Sur la carte Tinglayan n’est qu’à une soixantaine de kilomètres. Grands inconscients que nous sommes, nous n’avions pas encore compris qu’il est impossible de tabler sur du 40 km/h dans ces contrées : en période de pointe pariez sur du 15km/h tout au plus ! Cependant, la chance des débutants est bien connue et nous en ferons profit. Après cinq toutes petites minutes d’attente sur LA route en direction des contrées qui nous intéressent ,un premier (et unique) 4×4 rouge passe, puis fait demi-tour pour venir nous chercher. Il nous explique qu’il n’y aura plus de transports collectifs, qu’il faudra aller demain à Bontoc et Tinglayan. En revanche, il va à Lubuagan et peut nous y emmener : OK !

Son 4×4 est très beau, très confortable et nous permet de découvrir des paysages magnifiques. Nous progressons dans la vallée en remontant la Chico River, superbe. Malheureusement, notre véhicule siffle, râle et refuse d’avancer : son radiateur n’a pas eu sa quantité d’eau nécessaire au dur effort qu’il fournit. Durant notre arrêt pour faire redescendre la chaleur de notre moteur, nous nous rendrons compte de notre chance d’avoir trouvé un véhicule puisqu’aucun autre (excepté un camion de chantier) ne nous doublera durant la montée !

Une retraite tranquille à Lubuagan

Bicou tient un polaroid

Bicou et les polaroids

Nous voilà donc déposés à l’entrée de la charmante ville de Lubuagan peuplée d’environ huit cents habitants. Lors de notre traversée de la ville, tous les enfants nous sourient, nous font des signes et tous les adultes nous interpellent : mais que font ces deux americanos par ici ? Avec autant d’habitants prêts à nous aider même si nous ne sommes pas américains, nous n’aurons pas de difficulté à trouver l’unique hôtel de la ville. Il sera plus dur de trouver quelqu’un à l’intérieur… Nous finirons par avoir une chambre lumineuse avec salle de bain privée s’il vous plait !

Le village est très calme et en effet aucun transport ne passera de toute l’après-midi. Nous partons en balade pour découvrir les alentours : nous se sommes pas dans la région des fameuses célèbres rizières en terrasses, mais le panorama est tout de même très sympa et le fait de se sentir un peu perdus dans la montagne philippine est très charmant. De nombreux habitants nous saluent, tout comme Leah qui boit son café tranquillement sur sa terrasse : et hop, nous aussi nous nous retrouvons avec un café à la main ! Leah est institutrice et en congés avec ses enfants dans sa maison de vacances. Je suis ravie de pouvoir lui poser toutes les questions qui me viennent à l’esprit sur le système éducatif philippin, surtout qu’à Tabuk j’ai vu une école Montessori ! Nous passerons une fois de plus un excellent moment en sa compagnie et ferons une belle balade au crépuscule dans les environs du village. Le soir venu, l’état de la cuisine du restaurant dans laquelle nous nous sommes préparé notre omelette au thon nous aura bien fait rigoler (en plus de nous soulever le coeur) : elle aurait été un peu plus propre (ou un peu moins dégueulasse, disons-le franchement) nous serions peut-être restés une journée de plus pour se balader un peu plus dans les environs et revoir avec plaisir Leah et sa famille. Mais avec des si… 😉

Leah et sa famille - Lubuagan, Philippines

Leah et sa famille

The Sleeping Beauty

The Sleeping Beauty - wikipedia

The Sleeping Beauty – Source : wikipedia

Le lendemain, pas question de rater l’unique transport pour Tinglayan qui va jusqu’à Bontoc : selon certains, il est à 9h, d’autres disent 11h. Nous nous préparons pour 8h15 et à 9h02 le jeepney pour Bontoc arrive. Nous pensions descendre à Tinglayan, et puis nous laissons passer le village plus ou moins consciemment. Nous voilà donc partis jusqu’à Bontoc : il nous faudra plus de cinq heures de sauts, cahots, changement de roue, soubresauts, traversée de rivière coupant la route et autres péripéties pour rejoindre la ville de Bontoc située à trente kilomètres de là ! Malgré la pénibilité du transport, ce sera un des plus beaux trajets que nous ayons fait jusque là. Les paysages s’enchaînent, plus beaux les uns que les autres. Je verrai même la fameuse « sleeping beauty » dont tout le monde à Lubuagan nous avait parlé. Il me semblait bien discerner dans la montagne le profil d’une belle endormie jusqu’à ce qu’un magnifique point de vue avec pancarte me précise que je ne m’étais pas trompée.

Une fois arrivés à Bontoc, nous avons un peu regretté de ne pas avoir fait de halte à Tinglayan, mais c’était sans savoir que par la suite nous nous plairions dans la ville de Sagada. Mais ça c’est une autre histoire !

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