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Lac Inlé à pied, en bateau ou à bicyclette (partie 1)

Arrivée au lac Inlé via Shwe Nyang

Pour vous rendre au lac Inlé, vous devrez peut-être comme nous, faire une halte à Shwe Nyang, bourgade la plus proche du lac où s’arrêtent bus et trains. Étant donné que nous n’avions pas énormément préparé et seulement suivi une touriste autrichienne, nous voilà à 4h30 du matin jetés du bus sans trop savoir où nous sommes et où nous voulons aller.

Nous étions loin d’être les seuls touristes avec le regard hagard et l’envie irrépressible d’être allongé dans un bon lit ! Nous avons fait la connaissance d’un couple de français qui comme nous trouvait que les 2500 kyats (environ 2,5 euros) par personne réclamés par les tuk-tuks pour nous emmener à Nyang shwe étaient un tarif prohibitif. Fort de nos habitudes, nous sommes partisà pied dans le noir le plus complet : quatre kilomètres, ce n’est pas si loin ! Cependant, nous avons dû rapidement faire face à la vérité : ce n’est pas quatre kilomètres qu’il nous fallait parcourir mais près de quinze ! Heureusement, le jour se levant lentement, quelques tuk-tuks commençaient à faire le trajet. Nous avons donc pu avoir un tarif qui semblait plus correct : 1000 kyats par personne (un peu moins d’un euro). Première étape réussie ? Non, pas tout à fait ! Avant d’entrer, il faut passer par la case taxe gouvernementale : même à 5h du matin, les officiers de l’état seront là pour vous faire payer 5 dollars / personne de droit d’entrée au lac Inlé.

Déjà fatigués de cette nuit de bus cahotant et de cette longue marche dans le noir, il nous restait encore à trouver un hôtel. On nous avait prévenus, ici comme partout, c’est hyper cher et complet ! Nous n’étions cependant pas inquiets car on savait qu’on pourrait de toute façon dormir au monastère. Sauf que celui-ci était également complet… Nous n’avons cependant pas perdu espoir et avons décidé de prendre le petit déjeuner en attendant que la ville se réveille. Certains touristes quitteraient alors leur chambre et nous pourrons (vraisemblablement) en avoir une. C’est ainsi que nous avons donc pu disposer d’une super « chambre » (entendre espace entre draps tendus) pour cinq au monastère : deux matelas de deux et un matelas de un, nous aurions voulu réserver, nous n’aurions pas pu faire aussi bien ! Il y avait finalement largement assez de place mais nous avons compris après coup (et c’est tout en leur honneur) qu’ils ne voulaient pas de nous à cette heure aussi matinale pour ne pas réveiller leurs hôtes qui dormaient encore profondément ! Nous ne savons pas si dans la suite de notre aventure au Myanmar nous pourrons à nouveau loger dans un monastère mais dans de telles conditions (propre, clair, toilettes avec papier – un luxe – le tout pour 5000 Kyats / personne (5 euros)), cela ne se refuse pas ! En plus, cet argent ne tombe pas dans la poche de l’état, les monastères étant indépendants du gouvernement ! Nous étions bien mieux ici que dans une guest house aux draps sales, sans fenêtre et nous demandant 30 dollars par nuit !

Bateau sur l’eau

Qui dit lac, dit eau et qui dit eau dit bateau ! Vous aurez du mal à faire deux pas dans la ville sans que l’on vous propose un « boat trip » (même si vous avez sur le dos vos gros sacs et que de toute évidence vous êtes plutôt dans une problématique de départ ou d’arrivée !). En général les bateaux sont prévus pour cinq personnes et c’est le même prix pour la journée, donc plus on est, plus c’est économique. Cinq personnes, ça tombait plutôt bien pour nous.

En temps normal, je pense que nous nous serions payés le luxe de n’être que tous les deux afin d’être totalement à notre rythme. Mais là, le fait de savoir que nous passerions une bonne journée avec nos compagnons de l’avant-veille, nous a décidés à rester groupés ! Avec le batelier, vous pouvez décider des arrêts que vous voulez faire ou non. Et c’est là qu’il ne faut pas se louper car sinon la balade qui a beaucoup de charme et qui vaut le détour peut rapidement se transformer en une journée shopping très désagréable …

Plantons le décor !

Au programme : maisons sur pilotis, villages de pêcheurs, cultivateurs sur jardins flottants et monastères. C’est vraiment agréable d’aller faire un tour dans les canaux, ces maisons et cette façon de cultiver est ce qui fait toute la particularité et la richesse du lac, il est bien dommage qu’au final on y consacre si peu de temps. Les monastères qui bordent le lac sont également intéressants et pour le coup, c’est un petit plus d’avoir un guide papier avec soi pour avoir plus d’informations et mieux appréhender les lieux sacrés. Mais c’est avec un immense regret que nous vous annonçons que les chats du monastère Nga Phe Kyaung ne sautent plus ! On ne sait pas trop pourquoi : on nous a dit que le moine était mort l’an dernier et notre batelier, qu’il y avait trop de touristes, faites votre choix :). Ce fut un moment très pénible et douloureux à passer pour un de nos compagnons qui était venu en Birmanie uniquement pour ces jumping cats 🙂

Nous sommes des pompes à fric !

Le blanc a de l’argent. Même si c’est vrai, il ne faut pas faire n’importe quoi ! Certains de nos prédécesseurs un peu benêts ont dû en distribuer des brouettes entières. Résultat, si on n’y prend pas garde, on s’arrête dans divers endroits plus fakes les uns des autres :

  • le marché « local » presque complètement faux avec ses babioles et ses vendeurs qui vous harcèlent. Le charme est rompu, à éviter ! En revanche, la petite pagode sur les hauts du village derrière le marché vaut le détour car on peut avoir une vue panoramique sur le lac, assez brumeuse et malheureusement assez peu photogénique mais qu’importe.
  • les fabriques diverses et variées où vous attendent ombrelles, soies, bateaux (les petits hein !), tabac, argent et or. Vous aurez droit à des beaux faire semblant en direct puis aux magasins qui ne sont certainement pas fournis ici ! Les prix sont quant à eux tout à fait rééls. Très peu pour nous !

La fabrique de soie nous a tout de même intéressés : on y apprend comment tisser et dessiner les motifs des écharpes et foulards mais on se demande encore quel est le rapport avec le lac…

Dans tous les cas, on conseille de ne rien acheter. Tout ce petit foutoir semble être monté de toutes pièces et dans ce cas, l’argent va directement au gouvernement… Plusieurs bâtiments étaient encore en construction lors de notre passage, ça en dit long sur l’ancienneté de la pratique « traditionnelle ». De toute façon, vu les prix affichés, c’est clairement du vol : 60 dollars une écharpe en soie dont on a des doutes sur la provenance, c’est un peu amer

On n’est pas au zoo !

Un petit coup de gueule pour les femmes girafes qui sont exposées comme des bêtes de foire alors qu’il n’y a à priori pas de rapport avec le lac : nous avons refusé d’y faire un arrêt afin de ne surtout pas cautionner cette drôle d’idée et nous vous conseillons d’en faire autant !
D’autres petits détails nous mettent également la puce à l’oreille. Certains arrêts au milieu du lac semblent montés de toutes pièces, comme ce pêcheur autour duquel nous avons tourné pour le prendre en photo. Il ne ressemblait pas vraiment à un pêcheur, il n’avait pas de rame et se trouvait dans un endroit assez incongru… En tout cas, la façon dont tout ceci est amené est très gênante. Ces personnes sont des humains et à cet égard, méritent le respect qu’on leur doit. Évidemment, nous n’avons pas pris de photo, la lumière était mauvaise :p

En somme, nous n’avons été qu’à moitié satisfaits de cette balade en bateau. Si c’était à refaire nous partirions uniquement l’après-midi pour apprécier les jardins flottants et les pêcheurs (les vrais) à l’heure du soleil couchant. Heureusement, il existe d’autres façons de découvrir le lac Inlé en sortant des sentiers battus. On vous dira tout dans le prochain article !

4 réponses à “Lac Inlé à pied, en bateau ou à bicyclette (partie 1)”

  1. tifleur dit :

    OH! Les chats sautant quoi! je touche de la rétine mon rêve : faire sauter Milka dans un anneau de feu. Y aura de quoi contenter ton ami voyageur : je me donne deux ans pour y arriver, et je deviendrai très sûrement très très riche.

    Venale je suis, rêveuse je resterai!
    tifleur Articles récents : Idées de support pour escort cardsMy Profile

    • Nico dit :

      Ne t’inquiète pas, nous avons déjà parlé de toi à notre compagnon et avant de savoir qu’ils ne sautaient plus, nous avons vraiment regretté que tu ne sois pas avec nous ! J’ai été déçu aussi, j’aurais bien fait une petite vidéo spécialement pour toi !

  2. Cyril dit :

    Très sévère point de vue.

    Mon expérience est un peu plus joyeuse.
    Ca ne pue pas le fake selon moi, on les voit fabriquer les choses en direct, je ne sais pas ce qu’il vous faut !!

    J’ai trouvé le lac magique et les vendeurs pas du tout aggressif (allez faire un tour au cambodge …). Il faut bien qu’ils vivent, et vous vous offusquez pour 2,5 euros : prohibitif. Un peu de tenue svp…

    Le rapport de la fabrique de tissu avec le lac, le lotus. Vous n’avez pas bien écouté ? 😉

    D’accord avec vous pour la femme au long coup cependant.

    • Bicou dit :

      Mon point de vue est peut-être sévère à tes yeux mais je n’ai en aucun cas dit que mon expérience n’était pas joyeuse : cet article est en deux parties et dans la deuxième j’explique comment nous avons découvert le lac comme nous le souhaitions réellement et avons pu enfin l’admirer à sa juste valeur.

      Je vais prendre quelques instants cependant pour essayer de comprendre ta petite phrase “Il faut bien qu’ils vivent”. Tu insinues donc que sans toi ils ne vivraient pas ? Que tu fais du tourisme, ou voyage, uniquement pour faire du bien à la population locale ? Tu ne vois pas le problème de payer 3 à 4 fois le prix d’un local parce que pour nous européens 2,5 euros c’est si peu. Tu ne vois pas où est le mal puisque grâce à toi le conducteur de tuk tuk mettra un peu de beurre dans les épinards ce soir. Mais as-tu pensé aux Birmans qui descendront du bus en même temps que toi la prochaine fois et qui ne pourront plus se payer ce transport collectif devenu inabordable : bah oui pas con le conducteur, entre bosser toute la journée ou ne faire qu’un trajet spécial blancs à qui on peut faire payer n’importe quoi, il aura vite fait le calcul. Le prix d’un objet, d’un service ne se calcule pas en conversion avec l’euro mais par rapport au coût de la vie du pays dans lequel tu es ! Je ne sais donc pas lequel de nous deux manque le plus de tenue…

      Par ailleurs quand tu dis « il faut bien qu’ILS vivent », de qui parles-tu ? Car lorsque l’on voit que tous les souvenirs doivent être payés en dollars, on a du mal à se dire que cet argent va tomber directement dans les poches de la tisserande. Je ne dis pas que l’artisanat n’existe pas mais qu’il est possible que là il soit mis en scène afin de financer d’une façon indirecte et insidieuse le gouvernement, mais peut-être suis-je trop négative…

      Enfin il est possible que nous ayons loupé une explication pour le lien entre les fabriques de tissus (flambantes neuves) et le lac mais je pense qu’il doit y en avoir une excellente également pour les femmes girafes.

      En conclusion, étant parisienne et appréciant beaucoup le quartier de Montmartre, je me permettrai une petite comparaison. Si à Montmartre tu aimes flâner sur la place du Tertre pour y admirer les peintres parisiens en pleine action, je comprends tout à fait que les visites organisées du lac Inlé te conviennes. Si tu ne crois que ce que tu vois (souvent moi il m’en faut un peu plus), pense à parfois t’interroger sur justement ce que tu ne vois pas.

      A nouveau tu me trouveras peut-être sévère : je t’invite à me reprendre si je n’ai pas bien compris ce que tu voulais me dire !

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